Le chauffage électrique est le pire système de chauffage pour plusieurs raisons, notamment du point de vue environnemental et économique.

 

Le chauffage électrique direct inclut les solutions de chauffage : convecteurs électriques, panneaux rayonnants, planchers ou plafond chauffants.

 

En France, 27% des logements principaux sont équipé de chauffage électrique direct. Ce chiffre est énorme par rapport aux autres pays européens.

 

Le chauffage électrique est un plus gros consommateur d’énergie primaire, vu son rendement catastrophique (38% maxi sur énergie primaire). Explication : ce mauvais rendement n'est pas lié à l'élément de chauffe (presque 100% sur énergie finale) mais se situe au niveau de la production d’électricité et de son transport. Les centrales nucléaires et thermiques (charbon, pétrole, gaz) ont un rendement entre 30% et 40% à la source, qui s'affaiblit encore après le transport au niveau des lignes électriques. Bref, concrètement, pour fournir 1 kWh de chaleur dans la maison, ce chauffage électrique doit consommer 2,58 kWh d’énergie primaire (chiffre officiel) mais en réalité, selon certaines études, celui-ci peut atteindre 3,2 kWh d’énergie primaire. Donc, le chauffage électrique est 3 fois moins performant que la chaudière gaz du point de vue énergétique.

 

Le chauffage électrique est unplus gros émetteur de gaz à effet de serre (CO2). D’après les études réalisées par RTE et ADEME, en analysant les émissions de CO2 avec la méthode du contenu marginal et en particulier dans le cas du chauffage, l’électricité liée à l’usage chauffage émet de 500 à 600 g de CO2 par kWh, soit un niveau en CO2 supérieur à toutes les énergies fossiles, charbon inclus. Ces émissions de gaz à effet de serre continueront à évoluer fortement à la hausse au cours des prochaines années en raison de l’augmentation de la demande en électricité. Lors du grand froid, comme les centrales nucléaires ne peuvent pasassurer la consommation du chauffage électrique, ce sont les centrales thermiques fortes émettrices de CO2, qui prennent le relais.

 

Le chauffage électrique participe aux fortes consommations d’électricité en hiver, notamment lors des grandes vagues de froid. D’après RTE, le chauffage électrique représente en moyenne 40% sur l’ensemble de la vague de froid du février 2012 et 38% à la pointe le 8 février 2012 à 19h. C’est-à-dire sur 102 100 MW d'électricité consommée de ce jour-là, environ 39 000 MW est consacrée au chauffage électrique. La sensibilité à la température de la consommation d’électricité, qui a fortement augmenté au cours des 10 dernières années (à cause du fort développement de chauffage électrique, particulièrement dans les constructions neuves où le taux a même atteint 70% en 2008) est aujourd’hui, estimée à 2300 MW/°C. Elle représente ledouble de la consommation de l’agglomération de Marseille pour chaque degré en moins en période froide. A titre de comparaison,en Allemagne, cette sensibilité est seulement de 500 MW/°C alors que ce pays est plus peuplé que la France. La thermosensibilité en France représente près de la moitié de la thermosensibilité européenne alors que la population française représente seulement moins de 9% de la population européenne.

Allemagne : 80 millions d’habitants, thermosensibilité de 500 MW/°C, soit 6,25 W/°C/hab.

France : 65 millions d’habitants, thermosensibilité de 2300 MW/°C, soit 35,40 W/°C/hab.

La thermosensibilité en France est 5,7 fois plus importante qu’en Allemagne. Chercher l’erreur !

L’explication est simple : en Allemagne, moins de 5% des logements sont équipés de chauffage électrique et c’est même interdit dans les constructions neuves.

De plus, la production électrique en France est insuffisante pour répondre à la demande de chauffage électrique. Lors du grand froid, la totalité des moyens disponibles (centrales nucléaires, centrales thermiques, centrales hydrauliques, éoliennes, etc…) en France est sollicitée. Et comme ça ne suffit pas, la France est obligé d’importer l’électricité venue de tous les pays européens voisins. Par exemple, le 8 février 2012 à 19h, les centrales nucléaires couvraient 58% de la consommation électrique, les centrales thermiques 18%, les centrales hydrauliques 14%, les énergies renouvelables (éoliennes, photovoltaïques seulement 3% et surtout 7% de la consommation électrique venait des importations.

Si on n’avait pas le chauffage électrique en France, la consommation électrique serait autour de 60 000 MW lors du grand froid au lieu de 100 000 MW.


A part ça, les centrales nucléaires produisent des déchets radioactifs dangereux pour l'environnement et les humains et qui risquent de durer pour plusieurs milliers d'années. C'est un gros problème mais c'est un autre débat.

 

Le chauffage électrique, c’est un frein au développement des énergies renouvelables. Alors que la part des énergies renouvelables soit être développée dans le mix énergétique du chauffage (on dit la chaleur renouvelable), l’option du tout électrique est peu compatible avec leur expansion. Le chauffage électrique direct ne permet pas la mise en place d’un fonctionnement multi-énergies (changer plusieurs fois d’énergies pendant la durée de vie du bâtiment). Concrètement, si vous avez choisi le chauffage électrique, vous ne pourrez plus changer d’énergie et vous serez coincé à l’électricité à vie car il faudrait faire des gros travaux pour réaliser l’installation hydraulique qui pourra accueillir les énergies renouvelables à l’avenir.

 

Le chauffage électrique dévalorise le patrimoine immobilier. Au même niveau de l’isolation, la maison équipée de chauffage électrique est 2,5 fois moins classée en DPE que la maison équipée de chauffage central au gaz. C’est du au coefficient multiplicateur de 2,58 pour l’électricité contre seulement de 1 pour les autres énergies.

 

Attention, en réalité, tous les systèmes de chauffage électrique direct ont le même rendement (100% sur énergie finale) quel que soit les convecteurs bas de gamme ou les radiateurs à inertie performants. Ca veut dire que pour 1 kWh d’électricité consommée, le chauffage électrique fournit 1 kWh de chaleur (pas plus, pas moins). Donc vous ne ferez aucune économie d’énergie en remplaçant ces radiateurs électriques bas de gamme par les autres de bonne qualité. Quand un fabricant ou un commercial vous dit que ce radiateur électrique vous fera jusqu’à 25% d’économie, c’est un mensonge. Ce n’est pas ce radiateur électrique (quel que soit le modèle) qui vous fera des économies mais la régulation et le confort.

Voir arnaques chauffage électrique! C'est édifiant!

 

Le prix de l’électricité est de 12 à 14 centimes le kW contre de 7 à 8 centimes pour le gaz. Avec le gaz propane, l’électricité est l’énergie la plus chère pour le chauffage.

 

Voici toutes ces raisons qui prouvent qu’il faut mettre en place une politique de sortie du chauffage électrique.

 

Si vous avez déjà le chauffage électrique chez vous, si vous voulez réaliser des économies d’énergie, 3 solutions vous proposent :

 - soit isoler votre logement si celui-ci n’est pas bien voire pas du tout isolé.

 - soit installer le chauffage central à eau chaude si votre logement est suffisamment isolé.

 - soit les deux si votre budget vous permet. Si c’est la solution la plus efficace et la plus rentable.

 

On donne un exemple :

Dans une maison isolée de 160 m2, tout électrique (chauffage électrique, cumulus électrique) dont le besoin de chauffage et d’ECS est estimé à 20000 kWh par an et la consommation électrique consacrée aux usages spécifiques (électroménagers) est de 3000 kWh par an, cette famille décide de se débarrasser du chauffage électrique et de le remplacer par le chauffage central à eau chaude au gaz (chaudière gaz à condensation) avec la production d’eau chaude sanitaire.

Avant des travaux :

Facture annuelle de l’énergie (électricité) : 2980 euros (13000 kWh en heures pleines, 10000 kWh en heures creuses) (abonnement de puissance 12 kVA) dont 2590 euros pour le chauffage et 390 euros pour les électroménagers. DPE : chauffage et ECS : 322 kWh/m2/an (en raison du coefficient multiplicateur pour l’électricité) et ventilation : 3 kWh/m2/an, donc 325 kWh/m2/an, soit classée E, proche de F.

Travaux : installation de la chaudière gaz à condensation avec le ballon ECS intégré, le circuit des radiateurs à eau chaude, branchement gaz. Total de ce devis : 10000 euros (plus ou moins selon les devis). Détail :

-          Chaudière gaz à condensation avec le ballon ECS intégré et la ventouse : 4000 euros.

-          Circuit des radiateurs à eau chaude, accessoires : 2500 euros.

-          Branchement gaz : 500 euros.

-          Main d’œuvre : 3000 euros.

Après des travaux :

Facture annuelle de l’énergie : gaz (chauffage et ECS) : 1350 euros ; électricité (électroménagers) : 480 euros (puissance 6kVA, tarif de base) donc total 1830 euros. Et il faut ajouter 150 euros pour un entretien annuel de la chaudière. DPE : chauffage et ECS : 125 kWh/m2/an et ventilation et auxillaires : 5 kWh/m2/an, donc 130 kWh/m2/an, classée C.

Soit une économie annuelle de 1150 euros sans entretien ou de 1000 euros avec entretien. Soit le retour sur investissement inférieur à 10 ans.

Donc passer du chauffage électrique direct au chauffage central à eau chaude au gaz, ça permet :

-          De diminuer la facture annuelle de l’énergie de 38% dont 48% pour le chauffage et l’ECS.

-          De réduire la consommation de l’énergie primaire de 60%.

-          De réduire les émissions de CO2 dues au chauffage de plus de 55%.

 

Cet exemple montre que c’est rentable de remplacer le chauffage électrique direct par le chauffage central au gaz. Le retour sur investissement est estimé inférieur à 10 ans.

Si vous voulez aller plus loin, rien ne vous empêche d’opter pour les énergies renouvelables (solaires thermiques, chaudière au bois, PAC).

 

Pour les maisons neuves (construites après les années 90) tout électrique, inutile de vous investir dans l’isolation car ces maisons sont suffisamment bien isolées et l’isolation renforcée n’est pas très rentable. La majorité des maisons neuves tout électrique sont classées E en DPE et certains (plus récentes) sont classées D. Il est rare de rencontrer la maison tout électrique classée C (celle doit être extrêmement bien isolée, niveau BBC). Si vous voulez que votre maison chauffée à l’électrique ait un meilleur classement énergétique (C ou B), ce n’est pas l’isolation renforcée que vous allez atteindre ce classement mais le changement du système de chauffage. C’est-à-dire le remplacement du chauffage électrique par le chauffage central à eau chaude (gaz, bois, PAC) qui permet d’atteindre ce meilleur classement énergétique le plus rapide possible. Bref, c’est la solution la plus simple, la plus rapide mise en œuvre.

 

Pour ceux qui ont le gaz de ville dans leur rue, c’est la solution « chauffage central au gaz » qui est la moins chère en investissement. Vous pouvez ajouter les panneaux solaires thermiques si vous en voulez et si votre budget vous le permet.

Et pour ceux qui n’ont pas le gaz de ville (souvent à la campagne), c’est la solution « chauffage central avec le poêle hydro à bois » qui est la moins chère en investissement.

Rien vous n’empêche d’opter pour les solutions plus écologiques comme la chaudière à bois, la PAC eau/eau, le système solaire combiné, etc…

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RTE: vague de froid de février 2012

RTE et ADEME: contenu en CO2 du kWh électrique

Nucléaire non merci: l'aberration du chauffage électrique

Chauffage électrique: Calamité sociale, économique et environnementale

Greenpeace: le chauffage électrique doit être interdit

Energie: chère électricité

Chauffage électrique: le mode de chauffage le plus polluant

Greenpeace: chauffage électrique en France (étude datée de 2002 mais toujours d'actualité)

Fréderic Poncet: Si l'on parlait un peu du chauffage électrique?

Cyberaction: La France a froid à l'électricité, sortons du chauffage nucléaire!

Agir pour l'environnement: Pointe de consommation électrique: un mal français dû au chauffage électrique!

Négawatt: La pointe d'électricité en France...zéro pointé!

Que Choisir: Coûts cachés du chauffage électrique

ABPN: Le chauffage électrique, anti-social, anti-économique, anti-écologique

Greenpeace Suisse: Renoncer au chauffage électrique

Pourquoi autant de records de consommation électrique battus

Chauffage électrique: arnaques

Grandeur et misère du chauffage électrique intégré